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Paris : Exposition – 28/02/2020 au 25/06/2020 – Pilar Albarracín « No apagues mi fuego, déjame arder », à la Galerie Vallois

Pilar Albarracín
Arquitectura de esperanza
2020 Bougies et structure métallique 210 x 170 x 80 cm –
Crédit photo/FLECHEINFO.COM – Lieu Galerie Vallois rue de Seine
75006 Paris France –
4 juin 2020

Pilar Albarracín fait de la transgression et de l’humour des outils à la fois
plastiques et politiques. Depuis le début des années 1990, l’artiste espagnole
ouvre à travers ses œuvres des espaces de revendications féministes. Pour cela,
elle a choisi d’analyser d’une manière viscéralement critique le folklore,
la culture populaire et vernaculaire andalouse. Elle examine ainsi la culture
qui lui a été transmise et qui constitue une grande partie de son identité.
Du flamenco aux rituels catholiques, en passant par la tauromachie et l’art
baroque, l’artiste prend chacune des traditions à bras le corps. En s’imposant
physiquement au cœur de territoires et de symboles puissants d’une culture
patriarcale, Pilar Albarracín réclame une part d’une histoire collective, celle
des femmes. Avec une colère non dissimulée, elle exagère, elle multiplie,
elle déplace, elle agresse ou elle étrangle les stéréotypes et les traditions
ancestrales. En cela, elle s’approprie les costumes, les accessoires, les
symboles et le décorum de rituels où les hommes et les femmes sont cantonnés à
des rôles spécifiques. Si l’on se concentre exclusivement sur les femmes, leurs
rôles et leurs espaces de représentations sont particulièrement restreints et/
ou invisibles. Les actions, les photographies, les broderies et les objets
détournés visent à une déconstruction de ces rôles et à une prise de conscience
des manques, des absences et des interdits.
Les rituels qu’elle investit et revisite sont
inscrits dans une pensée identitaire guidée
par la morale religieuse et l’idéologie
patriarcale que l’artiste s’efforce de
retourner et se défaire.
La nouvelle exposition de Pilar Albarracín à
Paris repose sur une exploration critique et
politique de la Semana Santa (« la Semaine
Sainte ») à Séville. Pendant une semaine au
mois d’avril, la ville entière vit au rythme
de processions plurielles et thématisées.
Une soixantaine de confréries commémorent la
Passion du Christ en portant des pasos, des
chars richement décorés sur lesquels sont
disposés des sculptures extrêmement lourdes.
Selon des itinéraires longs et précis, les
hommes portent à bout de bras les pasos pour
se rendre jusqu’à la cathédrale de Séville et
faire pénitence. Dans le silence absolu ou
au contraire dans l’effervescence musicale,
des centaines, voire des milliers d’hommes
avancent péniblement vers un même point
géographique. Pilar Albarracín interroge alors
ces processions spectaculairement douloureuses
durant lesquelles les corps sont éprouvés par
les croyances, le poids de la morale et le
respect des traditions. Ses nouvelles œuvres
sont donc davantage teintées de violence et de
solennité que d’humour et d’ironie.
Elle procède ainsi par gestes blasphématoires pour rendre palpables une
oppression et un étouffement générés par les idéologies et l’idée d’une identité
espagnole. L’artiste s’appuie sur les codes de l’art baroque pour dramatiser les
gestes, les émotions, les postures et les objets. Elle se joue de la dimension
fortement théâtrale des rituels religieux pour créer à son tour des images
dotées d’un pouvoir symbolique puissant. Pilar Albarracín tend un miroir à la
violence inhérente aux systèmes autoritaires contre lesquels elle lutte. Le
titre de l’exposition comporte un ordre, puis une demande : no apagues mi fuego,
déjame arder, « n’éteins pas mon feu, laisse-moi brûler ». Le feu qui ne doit
pas être éteint par l’autre est celui de son engagement, de ses convictions,
de son histoire, de son corps. Elle demande à ce que l’autre la laisse brûler,
sous-entendu en enfer, si tel est son choix. Le choix individuel est au cœur
de la reflexion plastique et critique de l’artiste. Durant les années 1970, les
militantes féministes prônaient, et prônent encore aujourd’hui : MON CORPS,
MON CHOIX. En reprenant les codes et décorum des idéologies dominantes, Pilar
Albarracín lutte contre les assignations, les tabous, la morale et les interdits
qui norment et façonnent les corps. Par son œuvre, elle ne cesse de réclamer le
droit fondamental à l’autodétermination.
Julie Crenn
*N’éteins pas mon feu, laisse-moi brûler
Extrait du ommuniqué de presse – Galerie Vallois

Lunares –
Obra de Pilar Albarracín en 2004. Reportaje aparecido en Metrópolis, La 2. 20 de marzo de 2006 –
Jesús Aguilar

https://www.instagram.com/galerievallois/?hl=fr

https://www.instagram.com/pilaralbarracin_artist/?hl=fr

Catégories :Uncategorized

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